Question écrite – CONFINEMENT ET CANICULE

Anne Françoise Decollogny, conseillère communale. Question déposé le 19 mai 2020

L’année passée, les fortes chaleurs ont commencé en juin déjà, après quatre années d’étés

caniculaires. La situation a été difficilement supportable bien plus tôt que les années précédentes.

Durant la journée, on pouvait chercher de la fraîcheur ou de l’ombre sur une terrasse de bistrot ou

dans des jardins publics. Mais il fallait retrouver le soir un appartement surchauffé, avec une

1 température tropicale .

Cette année, le mois de mars est le plus chaud jamais enregistré, il est donc possible que des canicules commencent encore plus tôt que l’année passée. Si les mesures de confinement sont partiellement levées en juin, voire en mai, il sera possible d’aller chercher le frais hors de nos appartements, il n’en restera pas moins que la nuit, la situation restera parfois insupportable. Mais que faire si on ne peut pas sortir ou si on habite en ville dans un appartement mal isolé, qu’on est âgé et sans possibilité de se déplacer ?

Il faut impérativement prévoir de diminuer la température en ville de Lausanne, en particulier dans les quartiers à forte densité, où il y a peu d’arbres et peu de verdure, de manière à ce que la température dans les appartements baisse aussi. Les mesures structurelles déjà prévues par la Ville (arborisation, bitume de couleur claire, désimperméabilisation du sol, etc.) ne feront effet qu’à moyen voire long terme.

Une mesure efficace et qui peut être mise en œuvre de manière ponctuelle et en fonction des températures, confinement ou pas, c’est l’arrosage des rues. Le Service de la propreté urbaine procède régulièrement à des arrosages durant toute l’année, et donc aussi en été, mais en général le matin. Ce que l’on observe dans les pays du sud, en Italie en particulier, c’est que les arrosages des chaussées et des trottoirs sont effectués quand le soleil s’est couché. Car c’est en soirée que l’arrosage est le plus efficace puisqu’il vient diminuer la chaleur emmagazinée par le bitume. Un arrosage en matinée est peu efficace car la chaleur du soleil provoque une évaporation immédiate et ne diminue pas la température du sol.

Par ailleurs, l’arrosage de portions de rues est peu efficace alors que l’arrosage d’un quartier entier diminue significativement la température.

Et nous rappellerons que l’arrosage des rues en période de sécheresse permet en même temps de

diminuer les poussières fines et donc la pollution de l’air. Par conséquent Il ne s’agit pas de gaspillage

d’eau, mais au contraire d’une utilisation judicieuse d’une ressource qui ne manque pas dans notre

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pays . On peut également suggérer que des mesures de températures soient effectuées à différentes

hauteurs par rapport au sol de manière à calculer l’impact de l’arrosage. Car plus l’arrosage se fait de haut, plus il est efficace et permet de débarrasser l’air d’une partie des poussières fines.

Avec confinement, une canicule précoce sera catastrophique. Sans confinement, ça ne sera pas beaucoup mieux !

Car les décès et les épisodes de décompensation se sont élevés à plusieurs centaines, voire mille (s’agissant de la surmortalité en 2003) en Suisse lors des canicules survenues de 2015 à 2019.

Nous demandons donc à la Municipalité de prendre en considération la solution des arrosages en soirée, de manière à réduire la température, rendant la vie plus supportable pour des centaines d’habitants de la ville, coincés dans des appartements mal isolés et en bordure de la chaussée.

Anne-Françoise Decollogny, Groupe socialiste Lausanne

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