La concurrence de l’autoroute reste trop forte

Valérie Schwaar, députée – opinion parue dans le 24heures du 7 décembre 2015

Lausanne Région dévoilait il y a quelques jours les résultats de sa campagne de comptages sur la période 2010-2014. Si la forte augmentation du trafic automobile sur la couronne autoroutière a mobilisé l’attention, une donnée pourtant édifiante est passée inaperçue : la fréquentation de la ligne Bière-Apples-Morges (BAM) a diminué de 1.1% alors que, durant la même période, celle de l’autoroute entre Morges et Crissier augmentait de plus de 10%.

On ne peut s’empêcher de penser que la mise en place du système de bande d’arrêt d’urgence active sur le tronçon autoroutier entre Morges et Ecublens est en partie responsable de ce report de charge sur la route.

Avec 2 fois 3 voies en activité aux heures de pointe depuis 2010, ce système a certes permis de réduire la congestion de l’axe le plus fréquenté du réseau autoroutier de l’agglomération Lausanne-Morges mais a également incité de nombreuses personnes à (re)prendre la voiture.

Si, en ville, le trajet en transports publics est souvent plus rapide qu’en voiture, ce n’est pas le cas en périphérie. La voiture reste pour les habitants hors des centres, le moyen de transport le plus facile pour rejoindre l’agglomération. L’augmentation du trafic sur l’autoroute et la saturation de tous les P+R de l’agglomération en témoignent.

Pourtant, d’importants investissements ont été consentis sur la ligne du BAM, notamment pour en augmenter la cadence. Mais la concurrence de l’autoroute est trop forte. Et celle-ci va s’intensifier encore, de nombreux projets d’augmentation de la capacité étant d’ores et déjà prévus : agrandissement des échangeurs de Crissier et de Villars-Ste-Croix, deuxième jonction à la Blécherette et élargissement du tronçon Vennes-Belmont.

Cet été, l’ATE a lancé une pétition contre ce dernier projet dont l’appellation « travaux d’assainissement » était trompeuse. Car là aussi, il est question d’ajouter une bande d’arrêt d’urgence active alors même que la circulation est de 30% inférieure à celle du tronçon morgien.

Tous ces travaux concourent à une augmentation significative du trafic, sur l’autoroute mais aussi sur les routes et dans les rues, sans pour autant garantir la fluidité. Il  y a donc lieu de s’inquiéter pour l’attractivité des lignes régionales de transports publics comme le BAM mais aussi pour la qualité de l’air et les nuisances sonores en ville.

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