Déposé par Séverine Graff, conseillère communale, le 13 janvier 2026.
La Ville de Lausanne dispose d’une offre parascolaire exemplaire. Malgré cette qualité, l’organisation reste compliquée, voire inaccessible pour certaines familles, et elle n’inclut pas une activité extrascolaire (notamment sportive ou culturelle), ce qui accentue les inégalités entre les ménages. Un concept lausannois de journée continue de l’élève offrirait une prise en charge complète, une meilleure coordination et une accessibilité renforcée pour promouvoir l’égalité des chances.
La Ville de Lausanne s’engage depuis longtemps pour l’égalité des chances et la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale des familles lausannoises. Son offre d’accueil collectif de jour, que ce soit préscolaire ou parascolaire, est exemplaire, la Ville de Lausanne présentant l’un des meilleurs taux de couverture du canton[1]. Concernant plus précisément l’accueil collectif de jour parascolaire, les 42 structures d’accueil affiliées au Réseau-L proposent à 6’581 enfants de 1 à 8P un accueil le matin, à midi et en fin d’après-midi. Ces structures se situent dans les écoles ou à proximité, et proposent des repas équilibrés, des activités ludiques encadrée par l’équipe éducative de la structure, ainsi qu’un accompagnement aux devoirs[2].
Malgré cette qualité de l’offre, l’organisation familiale reste un casse-tête. En effet, les horaires scolaires et parascolaires restent fragmentés et l’organisation de la journée de l’enfant, décentralisée : démultiplication des personnes interlocutrices pour les familles, que ce soit à l’établissement d’enseignement primaire ou au sein du Service des écoles et du parascolaire, des adaptations imprévues des horaires, qui ne sont géré ni par l’école, ni par le parascolaire (par exemple, lors de journées de formation des enseignant·e·s, de la maladie d’un enfant, ou lors de la Fête des Bois). À cette organisation s’ajoute souvent, pour les familles qui peuvent se l’offrir, une activité extrascolaire proposées par le tissu associatif local (par exemple, renforcement scolaire, cours de judo, cours de piano, de ballet, etc.), avec son lot supplémentaire de démarches administratives et des déplacements. Face à ces difficultés, les enfants dont les familles ont les plus de moyens (notamment financiers) de s’organiser et de leur offrir une activité extrascolaire, sont privilégiés.
Conscientes du besoin de conciliation pour les familles, et de promouvoir l’égalité de chances, plusieurs communes innovent. La Ville de Neuchâtel a lancé en août 2024 le projet pilote MAÉ – Ma journée à l’école, premier dispositif d’école à journée continue en Suisse romande, déployé dans sa phase pilote dans 2 établissements primaires. Ce concept propose une prise en charge complète des enfants dès 6h45 et possiblement jusqu’à 18h45, incluant :
- Les heures de cours habituelles, avec une pause de midi raccourcie ;
- Un repas de midi équilibré ;
- Une aide aux devoirs ;
- Des activités sportives, culturelles et scientifiques facultatives, en partenariat avec le tissu associatif local, avec un coût modéré pour les familles.
- Une accessibilité garantie (assouplissement des conditions d’accès)
- Une seule porte d’entrée pour l’intégralité de l’offre
Neuchâtel vient de publier le premier bilan de ce projet et, quoique des ajustements soient prévus, une grande satisfaction des familles est observée[3]. écoles primaires. Après Neuchâtel, c’est Genève qui teste une journée continue, avec comme horizon une généralisation fin 2028[4].
Comparé au dispositif lausannois, le concept neuchâtelois présente trois avantages concrets :
- Une accessibilité garantie
- Une diversité d’activités sportives, culturelles et créatives accessibles financièrement
- Une facilité organisationnelle pour les familles, possible par une meilleure communication entre l’école et le parascolaire et par la mise en place d’une seule porte d’entrée offrant une palette d’activités et de prestations.
Au vu de ces bénéfices escomptés, il est opportun d’étudier la faisabilité d’un projet pilote lausannois, adapté aux spécificités locales. Ce projet pourrait :
- Être le fruit d’une collaboration entre la Direction de l’enfance, de la jeunesse et des quartiers, la Direction des sports et cohésion sociale et le Canton de Vaud (notamment la Direction générale de l’enseignement obligatoire et le Service cantonale de l’accueil de jour des enfants) ;
- Être testé dans un ou deux établissements scolaires ;
- Garantir une place pour chaque enfant inscrit, sur une base volontaire ;
- Inclure un repas de midi, des devoirs surveillés et des activités extrascolaires facultatives
- Assurer une meilleure coordination entre l’école, le parascolaire et le tissu associatif local
- Prévoir une étape d’évaluation des impacts pour les familles, notamment pédagogiques, sociaux et financiers.
En somme, ce projet s’inscrirait dans une vision moderne de l’école et de l’accueil de jour, répondant aux besoins des familles lausannoises et aux enjeux d’égalité des chances. Il permettrait à Lausanne d’améliorer son offre d’accueil parascolaire, son offre sportive et culturelle, et de se positionner comme une ville innovante et attentive au bien-être des enfants et des parents.
Le présent postulat invite donc la Municipalité à étudier l’opportunité de mettre en place un projet pilote d’école à journée continue à Lausanne, inspiré du modèle MAÉ, qui inclut une accessibilité étendue, une offre d’activités extrascolaires facultative et une gestion administrative centralisée.
[1] https://www.vd.ch/etat-droit-finances/statistique/statistiques-par-domaine/15-education-et-sciences/accueil-prescolaire-et-parascolaire
[2] https://www.lausanne.ch/vie-pratique/enfance-jeunesse-famille/accueil-de-jour-et-enfance/parascolaire.html
[3] https://www.rts.ch/info/regions/neuchatel/2025/article/neuchatel-bilan-positif-pour-l-ecole-en-continu-un-modele-inspirant-29052188.html
[4] https://www.rts.ch/info/regions/geneve/2025/article/geneve-teste-l-ecole-en-continu-horaires-adaptes-des-la-rentree-2024-29054907.html