Déposé par Louis Dana, conseiller communal, le 13 janvier 2026.
La Loi sur le CO2 impose à la Confédération de soutenir le trafic ferroviaire international,
et singulièrement les trains de nuit. Force est de constater qu’elle n’assume pas ses
responsabilités en matière de connexion de la Suisse au niveau ferroviaire international.
Bien au contraire, les fonds prévus au niveau fédéral pour les trains de nuit sont
réaffectés au transport aérien. Il n’est donc pas surprenant qu’il ne soit pas possible de
réduire les voyages en avion de la population suisse et de les remplacer par des liaisons
ferroviaires attractives, ou à tout le moins d’offrir une alternative compétitive.
A ce titre, le récent refus tant du Conseil des États que du Conseil national de financer la
ligne reliant la Suisse à Malmö, en Suède, en passant par Hambourg et Copenhague est
un signal des plus alarmants. Pour rappel, la mise en circulation ce train était prévue
pour avril 2026. Il devait circuler trois fois par semaine et des billets avaient d’ailleurs
déjà été mis en vente.
Cette décision du Parlement laisse présager les réticences que ne manquera pas
d’exprimer le législateur fédéral lorsqu’il s’agira de mettre sur pied d’autres lignes
internationales à destination de l’Europe, que ce soit à l’aide de trains de nuit ou d’autres
lignes internationales diurnes.
Le transport aérien ne s’est jamais aussi bien porté. Sans naturellement vouloir jeter la
pierre aux personnes désireuses de prendre l’avion pour leurs déplacements
professionnels ou leurs loisirs, la Confédération doit naturellement en faire plus pour
rendre le train compétitif face à l’aérien. Mais l’inaction de la Confédération oblige les
villes à prendre leurs propres mesures pour permettre des voyages internationaux à des
prix attractifs en bus et en train, notamment au départ de Lausanne. C’est en effet la
seule manière de réduire efficacement les émissions indirectes de la population
lausannoise pour ce qui relève de ses déplacements. Cela est naturellement en
adéquation avec le Plan climat de la Ville de Lausanne.
A toutes fins utiles, il est précisé qu’une démarche similaire au présent texte est initiée
dans les parlements communaux des villes de Zurich, Berne, Genève, ainsi qu’au Grand
Conseil du canton de Bâle-Ville.
Ce postulat invite donc la Municipalité à étudier l’opportunité de prendre toute
mesure nécessaire et utile afin de promouvoir la mise en place et le
développement d’alternatives compétitives à l’avion dans le trafic ferroviaire et
routier international, ainsi que la réduction des voyages en avion. Ces mesures
doivent être prises à la lumière du Plan climat de la Ville de Lausanne. Ce postulat
invite également la Municipalité à étudier l’opportunité de prendre des mesures
afin de responsabiliser la Confédération en la matière.