Prevenir la crise plutôt que crier au loup

Grégoire Junod, conseiller municipal. Opinion parue dans le 24heures du 10 mars 2016

Des allocations familiales augmentées de plus de 30%; une limitation de la charge des primes d’assurance-maladie à 10% des revenus d’un ménage; ou encore le renforcement des moyens dévolus à l’accueil de jour des enfants: les mesures sociales qui accompagnent l’adaptation vaudoise de la réforme fiscale des entreprises III sur laquelle nous voterons le 20 mars prochain, sont loin d’être négligeables. Autant se le dire, rarement, nous aurons eu à nous prononcer en une seule fois sur une telle redistribution en faveur des familles et des retraités de ce canton.

Sur le plan fiscal, la réforme permettra la suppression des statuts spéciaux et l’établissement d’un taux unique d’imposition du bénéfice des entreprises à 13,8%, soit une augmentation d’environ 40% pour les multinationales et une baisse d’autant pour les entreprises locales, parmi lesquelles une écrasante majorité de PME pourvoyeuses de nombreux emplois. Au total, la réforme, fruit d’un compromis politique, coûtera à l’Etat environ 280 millions de francs; pour les communes, des compensations et une refonte de la péréquation permettront de limiter les pertes. A Lausanne, le coût de la réforme, sans compter les apports liés à l’accueil de la petite enfance, sera limité à 10 millions par année, très loin des 30 à 60 millions brandis par les opposants.

Pour les référendaires, les pertes concédées aujourd’hui par les collectivités publiques pèseront lourd si la conjoncture se dégrade, impliquant inexorablement des coupes dans les prestations publiques. L’argument est en réalité bien moins solide qu’il n’y paraît. L’histoire récente est à cet égard éclairante: au cours des trente dernières années, l’impôt sur le bénéfice des entreprises, même corrigé des fluctuations de taux, a varié du simple au triple au gré de la conjoncture économique. En période de crise, ces recettes fondent comme neige au soleil alors qu’elles explosent lorsque l’économie se porte bien. La variation du taux d’imposition influence évidemment le niveau des recettes fiscales, mais tout le monde le comprendra, son impact diminue de beaucoup s’il n’y a pas, ou très peu, de bénéfices à imposer. C’est donc d’abord la bonne santé de notre économie qu’il faut défendre. Il en va de nos emplois comme de la pérennité de nos recettes fiscales et donc des prestations publiques! A cet égard, la feuille de route du Conseil d’Etat tape dans le mille. A l’heure où le franc fort fragilise notre économie, les mesures sociales constituent un puissant soutien au pouvoir d’achat des ménages, principal moteur, faut-il le rappeler, de notre croissance économique ces dix dernières années. Pour beaucoup, elles viendront aussi compenser des salaires qui ont stagné depuis plusieurs années. Un oui s’impose donc le 20 mars prochain.

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Perdrisat
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Perdrisat

Pour une fois, nous sommes d’accord!

Juste les allocations familiales me semblent un système stupide qui devrait être supprimé. Pourquoi une personne qui a des enfants devrait recevoir de l’argent? Si cette personne à peu de moyens effectivement un enfant est une charge supplémentaire, mais ce genre de disparités économique devaient pouvoir être géré par l’impôt (déduction pour les enfants). Mais c’est un détail au vu de l’enjeu et qui fera voter les familles.

Il y a un aspect des allocations familiales que je n’ai pas compris?