Sortir de l’aide sociale les familles et les chômeurs âgés!

Florence Germond, conseillère communale – paru dans Le Temps le 21 février 2011

Aujourd’hui près de 1400 familles – représentant plus de 4000 personnes – sont à l’aide sociale alors qu’elles travaillent. Leur revenu n’est pas suffisant pour leur assurer le minimum vital. Le risque de pauvreté, malgré une activité lucrative, est particulièrement élevé pour les familles monoparentales ou celles avec plus de trois enfants. Cette situation découle d’une part des petits salaires dont dépendent ces familles et d’autre part de la charge éducative. Souvent, un des parents diminue son taux d’activité professionnelle pour consacrer une partie de son temps à l’éducation des enfants.

Le projet vaudois des prestations complémentaires aux familles vise à garantir la sécurité matérielle des ménages de condition modeste qui travaillent. Il s’agit d’éviter que l’arrivée d’un enfant devienne synonyme de pauvreté, en atténuant les charges liées à des phases de vie familiale particulières et temporaires.

L’aide sociale est le dernier filet de la protection sociale vaudoise. Elle s’adresse à des personnes qui sont exclues du marché du travail, pour lesquelles il faut mettre en œuvre des mesures de réinsertion professionnelle et sociale. Elle fonctionne bien pour cette population. En revanche, ce n’est pas un système adapté pour personnes qui sont insérées dans le monde professionnel, comme ces familles qui travaillent mais qui n’ont pas assez pour vivre. Il n’est pas prévu pour ces cas-là, il ne répond pas aux besoins particuliers de cette population et coûte cher en termes de contrôles et de mesures de réinsertion: il faut savoir que pour un franc versé d’aide sociale, le système de suivi en coûte 0,25 centime.

C’est la raison pour laquelle, l’organisation d’un dispositif de versement de prestations complémentaires est nettement plus adaptée pour ces familles, avec l’avantage non négligeable de limiter le montant des frais administratifs.

Un autre aspect problématique du système actuel est l’effet dissuasif par rapport à l’activité professionnelle. Aujourd’hui, dans les faits, la plupart de ces ménages ont peu intérêt à exercer une activité professionnelle: à la fin du mois, après avoir travaillé durement, il leur restera seulement un léger surplus. Parfois, il se peut même qu’il leur reste moins car des dépenses spécifiques, comme les frais dentaires par exemple, ne sont pas prises en charge. Certains font donc le choix raisonné de stopper leur activité professionnelle, la charge des enfants étant déjà suffisamment prenante. Cette option ne devrait pas en être une car elle aura des impacts à long terme, tant à titre individuel que vis-à-vis de la société. Après plusieurs années hors du marché de l’emploi, le risque d’exclusion est important, avec toutes les conséquences possibles sur le parcours de vie de la personne. Et pour la collectivité publique, il s’agira de financer des prestations d’aide sociale jusqu’à la retraite… Le nouveau mécanisme proposé comporte notamment une franchise en pourcentage du revenu qui résout cette distorsion et restaure une incitation à l’activité professionnelle.

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