Tribune – NOUS, ensemble et solidaire, pour faire face à la crise sociale qui s’annonce

Tribune de Émilie Moeschler parue dans l’édition du 13 mai 2020 du 24 Heures

Nous échangeons quotidiennement sur les situations vécues par chacune et chacun d’entre nous. Ce nous qui a suscité un élan de solidarité exemplaire à l’échelle d’un immeuble, d’un quartier, d’une ville, du canton, de toute la Suisse. Ce nous qui a maintenant pris conscience des situations de précarité multipliées par la crise. Ce nous qui a vu les inégalités et qui ne doit pas les oublier.

À Lausanne, les demandes d’aides alimentaires pleuvent, aussi de familles qui demandent de l’aide pour la première fois. Des indépendant-e-s, déjà en situation précaire à qui la crise a empêché toute possibilité de revenu. Des femmes qui travaillent dans l’économie domestique. Elles doivent rester chez elles mais ne sont pas payées par leur employeur qui devrait pourtant le faire. Des intermittent-e-s du spectacle. Des étudiant-e-s qui travaillent à côté de leurs études et qui ont perdu leur job. Et il y a la situation de toutes celles et ceux qui travaillent et dont la société a besoin pour fonctionner, des personnes, des familles qui vivent en Suisse depuis de nombreuses années mais qui vivent la peur au ventre. Les personnes sans autorisation de séjour. Alors privées de leurs revenus pas la crise, bien que beaucoup d’entre elles paient leurs cotisations sociales et leurs impôts, elles n’ont droits à aucune prestation sociale. Les œuvres d’entraides font un travail exemplaire pour les soutenir. Les distributions de nourriture se développent dans les quartiers lausannois. Les dons de beaucoup d’entre nous témoignent de la solidarité qui se déploie et c’est magnifique. Mais cela ne suffit pas. C’est aujourd’hui une question de survie. Ces personnes devraient avoir accès aux aides publiques. La régularisation collective des personnes sans-papier est incontournable afin d’éviter un désastre humanitaire dans un pays qui a pourtant démontré ces dernières semaines sa capacité à prendre des décisions pragmatiques et justes.

 

Les acteurs et actrices du terrain alertent depuis longtemps sur la fragilité et la précarité vécues par beaucoup. Il est temps de les écouter. Aujourd’hui, les inégalités sociales se creusent et trop de personnes ne savent pas comment finir le mois. Il y a des pistes d’action immédiates : les employeurs doivent prendre leur responsabilité notamment dans l’économie domestique. À l’instar de la Ville de Lausanne, les propriétaires immobiliers pourraient soulager de deux mois de loyers les commerces et établissements publics et pourquoi pas aussi les locataires ? Les aides déployées pour faire face à la crise doivent se poursuivre et se développer pour lutter contre la précarité. Et nous, devenu force de solidarité et de cohésion, devons continuer à prendre soin de tout le monde, continuer à prendre soin du lien social. Le lien social qui nous fait nous sentir nous, qui est le moteur du vivre ensemble. Soyons solidaires avec espoir et confiance !

 

Émilie Moeschler, vice-présidente du Parti socialiste lausannois

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