Interpellation – Sommes-nous bien armé·e·s contre les effets dévastateurs de la « fast-fashion » ?

Carine Carvalho Arruda, députée – Interpellation déposée le 25 février 2020

Dans le monde, on n’a jamais autant (mal) fabriqué – et consommé – de vêtements qui, pour une très grande partie, finissent rapidement à la poubelle. La mode connaît une accélération phénoménale depuis une dizaine d’années, avec des collections renouvelées en permanence et produites en un temps record. Une consommation effrénée dans tous les coins de la planète, la « fast-fashion ».

Une des caractéristiques de la fast-fashion est que les fabricants se focalisent sur des styles qui vieillissent mal, avec une qualité médiocre et des prix de production très bas grâce à des conditions de travail honteuses dans les pays du Sud. Nos villes regorgent des mêmes enseignes de vente de vêtements que toutes les villes européennes qui pratiquent, en cette période de fêtes, des hyper soldes du type « Black Friday » qui montrent bien le caractère jetable des pièces en vente.

En plus d’un système de production et de vente basé sur l’exploitation des travailleuses et des travailleurs[1], l’obsolescence programmée des pièces de vêtement a aussi de lourdes conséquences pour l’environnement. La rapidité des changements de collection induit une baisse de qualité des vêtements et une utilisation croissante de matières chimiques. Ceci représente un véritable défi pour le recyclage.

Nous savons que la Suisse est plutôt bonne élève en termes de recyclage. Le site web de la Fédération suisse des consommateurs[2] nous apprend que 95% des habits collectés par l’organisation sont revalorisés (65% sont revendus en Europe de l’Est, en Asie et en Afrique comme seconde main; 15% sont transformés en chiffons de nettoyage; 15% sont mélangés à d’autres matériaux pour produire des isolants), et les 5% restants sont détruits.
Mais la revente dans d’autres pays peut avoir un impact négatif sur leur industrie du vêtement en mettant les fabricants locaux au chômage. En plus, nous pouvons nous demander si, une fois ces vêtements revendus, ils ne se retrouveront pas tôt ou tard à la poubelle faute d’un système de recyclage efficace dans ces pays.

  • J’ai ainsi l’honneur de poser au Conseil d’État les questions suivantes :
  • Comment s’opère la filière de tri et de recyclage des habits achetés sur le territoire vaudois ?
  • Quel pourcentage va à la revente, quel pourcentage sera recyclé ou incinéré ?
  • Arrivons-nous à collecter dans les centres de tri une quantité équivalente de vêtements que celle mise en vente chaque année dans le canton ?
  • Quel pourcentage d’habits achetés dans le canton est revendu dans d’autres pays, notamment dans les pays du Sud ?
  • Est-ce que les organisations partenaires s’assurent qu’un circuit de recyclage soit aussi présent dans les pays de vente ?
  • De quels outils, législatifs et opérationnels, dispose le canton de Vaud pour lutter contre la surconsommation en matière de textiles ? Par exemple, est-ce que l’État a déjà effectué ou prévoit d’effectuer à l’avenir des actions de sensibilisation aux impacts sociaux et environnementaux de la surconsommation de vêtements ?

Lausanne, le 25.02.2020

[1] https://www.24heures.ch/economie/public-eye-denonce-exploitation-persistante-petites-mode/story/26982094
[2] https://www.frc.ch/vieux-habits/

  • 57
  •  
  •  
  •  

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifications